Sédières, Jour 3

Après une petite sieste sur les bancs du château à l'ombre des ormes et veillé par une wonder woman sans wonder bra et Balto, chien d'élite, je me dirigeai au son des balances des Elderberries vers Fort Chabrol et son check point Charlie. Après une délicate fouille au corps à corps, j'atteignai le Graal de la buvette et sa bière coupée à l'eau sans doute pour éviter les débordements de hordes de punks souls et en tongs ou plus surement pour satisfaire les penchants sécuritaires sakozystes des villageois en retraite qui se lèvent tôt pour vous faire chier le matin dans la queue à la boulangerie.
Les Elder toujours bon enfant pêchaient la grenouille dans l'étang jouxtant la grange à musique, trou d'eau qui attira soit des moustiques voraces de la taille des B29 US de la seconde guerre, soit des clones de Delarue avant le vol fatal d'Air France, l'index sur l'oreillette, les rangers lustrées, la main ferme sur la muselière du chien SS, l'oeil aux aguets, scrutant le moindre fumeur de Royal Menthol. Seule souffle de liberté, la chevelure saule pleuresque de Yann détonnait dans ce paysage policé avant qu'un kapo ne m'infligea un koka sans cola tout en m'éjectant de la zone interdite du backstage no man's land, faute de la légion d'honneur badgesque de la bonne couleur, façon triangle rose, donnant accès au jardin d'Eden. Heureusement, l'énorme son des Elderberries (thanks Rémi) m'attira promptement dans la salle, où l'énervement dû à l'incurie d'une organisation totalitaire laissa place aux secouements frénétiques de la tête et au tapage de pieds scandant le déjà mythique Laying Low. Les riffs ravageurs de Ryan et de Tom, la basse rugissante de Jamie, les coups de boutoirs sur les fûts de Yann et la voix gouailleuse et enjouée de Chris me firent oublier en un quart de seconde l'armée d'occupation chargée de la sécurité.
Vinrent ensuite les parisiens de Nelson bien loin des Sonic Youth ou Radiohead qui les influencent soit disant. The View avait déclaré forfait, comme d'habitude disent les mauvaises langues, trop occupés à picoler ou à mettre le nez dans les sucrettes ou encore à s'engueuler sur scène comme à la Coopérative de Mai il y a quelques mois.
Je fus enchanté de retrouver des années après les sympathiques Electric Soft Parade dont j'avais beaucoup aimé le premier album en son temps (2001 ?) et le show case acoustique qu'ils avaient fait à l'ouverture du Virgin Megastore de Lyon. C'était leur premier concert depuis 4 ans et de belles retrouvailles avec Chris des Elederberries dont ça avait été le premier concert à 14 ans ;-) Un set à la fois électrique et éclectique avec notamment le magnifique Silent to the dark. Et puis merci pour le verre (les ?!!) au chalet avec les Elder à 5 heures du mat', à refaire le monde ;-)
Ils seront d'ailleurs en concert au Ninkasi à Lyon le 20 Octobre !
Et pour finir, les "Top of the Pop" Art Brut ont mis le feu, avec Eddie Argos, le lad dandy mods punk qui prêcha énergiquement son Bang Bang Rock & Roll.
Une dernière soirée de très bonne facture, merci encore à Annick et Denis pour le champagne, vous êtes adorables, Un petit clin d'oeil à Sophie et ses aventures dans les toilettes pour homme ;-) et un autre à JO, the king of merch' ;-)